vendredi 1 mai 2015

Une matrone cariatide

Aussi étonnant que cela puisse vous paraître, ceci est une cariatide.
Ce n'est pas une jeune fille comme celle de l'Érechtheion de l'Acropole d'Athènes, c'est une matrone romaine ayant manifestement donné naissance à au moins un enfant.
Elle soutenait une quelconque structure du forum d'Auguste, à Rome.
Je ne saurais dire quelle structure, aucune reconstitution de la Rome antique ne daignant s'intéresser à d'aussi « menus » détails.
J'imagine que cette statue est une victime de la politique nataliste et anti-adultère d'Auguste pendant le principat duquel ce forum a été édifié.
Nous aussi en avons été longtemps victimes, à cause de l'Église chrétienne qui a adopté cette politique plutôt que celle de la Bible et l'a transmise aux divers codes de lois qui ont persécuté les citoyens d'Occident (et d'Orient, mais l'Orient a vu et voit pire encore de nos jours).
Cette cariatide romaine me semble le symbole de cette persécution.
Sus à la matrone d'Auguste qui a sans doute exilé le poète Ovide sur les rives de la mer Noire parce que celui-ci avait d'autres opinions et d'autres pratiques que les siennes, opinions et pratiques qui sont les nôtres.
Ces opinions et pratiques sont consignées dans le sacrilège « Art d'aimer »
Et on peut en avoir un aperçu dans la traduction en prose des premiers de l'Élégie I des « Amours » :

Qui pourra me dire pourquoi mon matelas me paraît si dur, pourquoi ma couverture ne peut rester sur mon lit ? Pourquoi cette nuit, qui m'a paru si longue, l'ai-je passée sans goûter le sommeil ? Pourquoi mes membres fatigués se retournent-ils en tons sens, en proie à de vives douleurs ? Si quelque amour venait ainsi m'éprouver, nul doute, je m'en apercevrais. Veut-il me surprendre, et ce dieu rusé prépare-t-il contre moi des embûches secrètes ? Voici la vérité : dans mon sein ont pénétré ses flèches aiguës ; le cruel Amour tyrannise ce cœur dont il a pris possession. Lui céderai-je ? ou, par ma résistance, donnerai-je une force nouvelle à cette flamme soudaine ? Cédons-lui : pour qui sait le porter, un fardeau devient léger. J'ai vu, quand on mettait le tison en mouvement, la flamme, ainsi agitée, s'accroître, et je l'ai vue s'éteindre quand le mouvement cessait ...

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