lundi 10 août 2015

Le masque mortuaire de Marie Stuart

C'est le masque mortuaire de Marie Stuart (j'écris Marie à la française car elle a aussi été reine consort de France, comme femme de François II, en même temps que reine d'Écosse).
On a sans doute moulé son visage sur sa tête quelque temps après sa décapitation, effectuée sur l'ordre de sa cousine, la reine Elizabeth Tudor.
On a peint le masque selon le visage de la morte et on lui a ajouté la perruque qu'elle portait, à la grande surprise des témoins de la décapitation, et la coiffe.
Elle est étonnamment belle en ces temps où la beauté des enfants des nobles et des monarques n'était en rien recherchée lors des alliances maritales (c'est l'accroissement de la richesse et du pouvoir et les alliances qu'on cherchait),
La plupart de ces membres de l'aristocratie et de la « royauté » étaient laids comme des poux et c'était aux peintres et aux sculpteurs de les embellir pour l'édification des manants et de la postérité.
Un masque mortuaire ne peut tromper.
Elle est belle et elle est une victime mais je ne puis la trouver sympathique devant la vie (normale pour un monarque) qu'elle a menée : elle l'aurait emporté sur sa cousine Elizabeth I qu'elle aurait réservé à celle-ci le sort même que celle-ci lui a infligé.
Ce n'est pas à elle que Ronsard a réservé ces trois vers d'un de ses sonnets mais ils lui auraient convenu :

Marie qui voudrait votre nom retourner

Il trouverait AIMER : aimez-moi donc Marie,
Votre nom de lui-même à l'amour vous convie ...



P. S. Voici le sonnet en entier :

Marie, qui voudrait votre nom retourner,
Il trouverait Aimer; aimez-moi donc, Marie ;
Votre nom de nature à l'amour vous convie,
Il faut votre jeunesse à l'amour adonner.

S'il vous plaît pour jamais votre ami m'ordonner,
Ensemble nous prendrons les plaisirs de la vie,
D 'une amour contre-aimée, et jamais autre envie
Ne me pourra du vôtre détourner.

Si faut-il bien aimer au monde quelque chose ;
Celui qui n'aime point, pour son but se propose
Une vie de Scythe, et ses jours veut passer

Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure.
Eh ! qu'est-il rien de plus doux sans Vénus ? Las, à l'heure
Que je n'aimerai plus, puissé-je trépasser !

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Elle ne méritait pas le sort qu'on lui a réservé.

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