vendredi 9 novembre 2012

Rayures

Je vous l'ai déjà dit, j'aime les zébrures.
En réalité ce sont les rayures que j'aime, les zébrures n'en sont qu'un cas particulier.
J'aime les rayures comme dans cette photo de Sina Rahmati.
Peut-être parce que j'aime les poèmes, qui présentent tous cet aspect d'alternance des noirs et des blancs, des lignes et des interlignes.
Et les rayures, les poèmes reprennent d'autres alternances, celle des battements du cœur, celle des naissances et des morts, celle des jours et des nuits.
Rythmes de la vie, rythmes de la Terre, rythmes du cosmos.
Voyez les rayures -pareilles à celles de la photo- que forme cet extrait de « La Nuit de Mai » de Musset où apparaît ce vers que j'évoquais dans un billet antérieur (ici) :

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande 

                                                              [douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

Les plus désespérés sont les chants les plus 
                                                              [beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.

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