mardi 20 novembre 2012

Portes de bronze d'Arvida

Ce sont les portes de l'église Sainte-Thérèse d'Arvida *.
Je dois dire que la photo est extrêmement flatteuse car on a fait en sorte d'y faire ressembler ces portes de bronze à celles du baptistère de Florence dont l'une, de Ghiberti, a été appelée « Porte du Paradis » par Michel-Ange.
C'est moi, évidemment, qui imagine que c'est la raison pour laquelle on a cherché la ressemblance dans la photo.
J'ai peut-être l'esprit mal tourné.
Dans la réalité, les portes de l'église d'Arvida tirent légèrement vers le rouge cuivre et elle sont plus foncées (voir ici).
J'ai toujours pensé que si on avait choisi une sainte Thérèse comme patronne de cette église c'était à cause de la ressemblance entre le nom « Arvida » et celui d' « Avila », en Espagne où il y a eu, comme on le sait peut-être, une sainte Thérèse, mystique célèbre.
Mais la sainte Thérèse dont on a choisi le patronage n'est pas celle d'Avila mais celle de Lisieux qui venait d'être canonisée (1925) à l'époque de la construction de l'église (1927 environ).
Peut-être pour prévenir les soupçons à propos d'Avila ou pour mettre de l'avant une sainte que nul n'avait encore utilisée.
J'ai numérisé la photo dans un calendrier 2010 entièrement consacré à l'exaltation de l'église, c'est peut-être la raison pour laquelle elle est si flatteuse.
Arvida a été fondée par Alcoa dans les années vingt pour devenir la « ville de l'aluminium ».
Peut-être qu'on n'y a pas pensé ou qu'on désirait trop imiter l'Europe (comme on a toujours fait dans le « Nouveau Monde » qui ne mérite sans doute pas son nom dans cette perspective), mais au lieu du bronze, on aurait peut-être été mieux inspiré d'utiliser l'aluminium pour les portes, cela aurait permis d'introduire une originalité intéressante.
Mais il est toujours intéressant d'observer les métamorphoses de l'ailleurs dans ce qu'on pourrait appeler l' « ici », l'héritage de l' « Ancien Monde » dans le « Nouveau », car cela constitue une variation sur « le passé restauré dans le présent** » de Baudelaire, dont le vertige m'a tant plu et me plaît tant.

* Ma femme me rappelle (et me prie de vous apprendre) que c'est l'église où notre mariage a été célébré car le mariage civil n'existait pas encore au Québec à l'époque (nous étions à peine sortis de l'Ancien Régime).

** Le vers de Baudelaire est : « Dans le présent, le passé restauré ».

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