samedi 12 mars 2011

Zombie et vampire

Dans le cadre de la série « Peintures corporelles et tatouages », je vous présente deux photos du Montréalais Zombie Boy que je me suis amusé à placer dans un cadre préraphaélite (éventuellement d'autres photos dans d'autres billets).
Pour le contraste.
Je crois ainsi produire un effet baudelairien, c'est-à-dire un effet obtenu par la présentation simultanée d'un contenu scabreux, vulgaire, choquant, inconvenant, indécent, sale pour tout dire, et d'un contenant luxueux, châtié, somptueux.
Un effet par lequel on découvre encore que Baudelaire appartient à notre époque malgré la distance des années:

LE VAMPIRE


Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon cœur plaintif est entrée ;
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,

De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine ;
— Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne,

Comme au jeu le joueur têtu,
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne,
— Maudite, maudite sois-tu !

J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.


Hélas ! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit :
« Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
À ton esclavage maudit,

Imbécile ! — de son empire
Si nos efforts te délivraient,
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire ! »


2 commentaires:

orfeenix a dit…

Ce billet me touche immensément, personne ne ressent le dix neuvième siècle dans sa modernité,merci pour ce billet.

Jack a dit…

Cette modernité me semble pourtant évidente, surtout chez Baudelaire. On le voit ici.

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