mercredi 4 mars 2009

«En direct», le mouvement vers l'égalité des humains

Selon les historiens de l'art que j'ai consultés c'est le sculpteur grec Praxitèle qui, le premier (entre 400 et 330 avant Jésus-Christ), a créé des sculptures représentant des femmes nues.
Il l'a fait progressivement car, jusqu'à lui, seuls les hommes étaient représentés nus dans les sculptures (voir korè (site anglais au bout de ce lien) et kouros ici).
Très progressivement, comme on le verra dans les photos que je vous présente (les sculptures représentées sont des copies romaines des œuvres de Praxitèle, sans lesquelles les œuvres du grand sculpteur seraient restées inconnues) car il y a toujours un voile qui fait partie de la sculpture: d'abord les voiles (presque des vêtements) couvrent le bas du corps de la femme sculptée, puis ils sont placés à côté d'elle, à portée de main si je puis dire. Voyez:

La déesse Artémis, -ou Diane, de son nom latin.
Cette déesse chasseresse ne pouvait pas être
représentée nue car elle faisait mourir ceux qui la voyaient dans cet état.



Et voici les Aphrodites, qui portent toutes
le nom latin de Vénus
car elles ont toutes été trouvées dans la partie latine
de l'ancien empire romain.

La première est la «Vénus d'Arles» (comme le dit son nom
elle provient de la ville d'Arles en France).
Son vêtement tient sur ses hanches, elle est seulement à demi nue.
C'est la première étape du «dénudement*».
Cette statue a subi des restaurations
par François Girardon, à la demande de Louis XIV
qui la voulait pour Versailles.
Restaurations que l'on condamne aujourd'hui
chez les puristes mais que je trouve très bien
pour ma part: ce que les Barbares ou les Chrétiens
ont détruit les gens civilisés
ont le devoir de le restaurer. On n'a pas à conserver
les traces des Barbares ou des Chrétiens.



La même, rapprochée. On voit la pomme que Girardon
lui a fait tenir -allusion au jugement de Pâris,
cause de la guerre de Troie et de l'Iliade-,
et le manche du miroir où la déesse se contemplait
afin de vérifier la justesse du jugement de Pâris
(qui l'avait proclamée la plus belle des déesses,
contre Héra (Junon) et Athéna (Minerve)).


Voici la «Vénus capitoline» (anglais au bout de ce lien)
avec un voile encore à côté d'elle mais
qui cache un peu sa nudité, c'est la
Vénus pudique (mais nue).

Ce «dénudement*» progressif de la femme qui rend celle-ci égale à l'homme (et ne l'abaisse pas, contrairement à ce que pourraient penser les féministes extrémistes -qui sont des fondamentalistes qui s'ignorent) marque une étape dans ce que je dois appeler l'«occidentalisation» du monde c'est-à-dire la réalisation de l'égalité de tous les humains, quel(les) que soi(en)t leur sexe, leur couleur, leur langue, leurs idées, leur attirance sexuelle, leurs croyances, etc.
Ce mouvement (ici représenté dans la sculpture, cela permet d'y assister en direct pour ainsi dire) se réalisait au même moment dans la philosophie, dans l'art, dans la science, toujours chez les Grecs.
Les invasions barbares et la domination chrétienne (en Occident) ont arrêté ce mouvement vers l'égalité, ont arrêté l'«occidentalisation» du monde, pendant 2000 ans (avec, je dois dire, la complicité de certains Grecs, dévoyés, orientalisés, byzantins ou chrétiens orthodoxes: «Grec[s] du Bas-Empire» dirait Napoléon Bonaparte avec mépris).
Même aujourd'hui, les religions et les idéologies rétrogrades retardent son expansion.
Mais rien ne pourra l'arrêter car c'est le trésor de chaque humain d'être égal à tout autre humain.
Et c'est la mesure de l'état de civilisation d'un pays que la manière dont y est établie l'égalité des humains, -et particulièrement l'égalité des femmes et des hommes.

* J'avais d'abord utilisé «dénuement» mais on me suggère le terme littéraire «dénudement». Je trouve la suggestion intéressante . Il est impossible par ailleurs d'utiliser les mots «dénudation», «déshabillage», «mise à nu». Et «dénuement» que j'avais retenu ne convient pas vraiment. Va pour «dénudement».

2 commentaires:

filledufeu a dit…

Il est vrai que le symbole biblique de la pomme se rattache à la honte de la nudité tandis que l' Eve grecque se contemple avec fierté dans sa splendeur dénudée.

Jack a dit…

Merci. Votre commentaire m'inspire une note que je publierai dans quelques jours.

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