mardi 20 mai 2008

Einstein, Dieu, la religion


Qu'elle arrive à point cette vente aux enchères chez Bloomsbury Auctions d'une lettre d'Albert Einstein où il affirme:

«Pour moi, le mot "Dieu" n'est rien de plus que l'expression et le produit de la faiblesse
humaine (et) la Bible une collection de légendes honorables, mais primitives qui n'en demeurent pas moins très enfantines»

Il ajoute plus loin:

«Pour moi, la religion juive, comme toutes les autres religions, est l'incarnation des superstitions les plus enfantines»

On pourrait opposer à cette lettre écrite en janvier 1954 (treize ou quatorze mois avant sa mort -avril 1955) d'autres écrits ou paroles de lui qui la contredisent mais je crois que ces écrits tenaient à l'insécurité d'
Einstein, réfugié des exterminations européennes.
Il était exilé dans les États-Unis de J. Edgar Hoover (à droite, évidemment) -responsable du F.B.I et homosexuel homophobe qui se servait de documents compromettants commandés illégalement à ses propres agents fédéraux (qui lui obéissaient comme ils obéissent
aujourd'hui aux âmes damnées de Bush) pour mettre à sa botte presque tous les hommes politiques états-uniens du temps (jusqu'à John F. Kennedy, je crois, et, dans ce cas, il y avait une pléthore de documents compromettants). Il pouvait ainsi infléchir leurs actions dans un sens anti-démocratique et pro-dictatures de droite en Amérique du Sud et en Asie.
Et ce pays d'exil d'Einstein était également celui du sénateur Joseph R. McCarthy (à droite lui aussi) -qui, par des comparutions devant un comité du sénat, et avec l'aide du futur président Richard M. Nixon, poussait à l'exil ou à la compromission tout ce que les États-Unis comptaient de génies artistiques et scientifiques.
L'Université de Princeton -qui accueillait Einstein et dont la devise est «Dei sub numine viget*»-, comme récemment les universités états-uniennes devant les pressions de George W. Bush et de ses sbires, n'aurait sûrement pas résisté aux pressions du gouvernement états-unien de l'époque et aurait laissé tomber Einstein -qui le savait.
D'ailleurs, aux pressions gouvernementales se seraient ajoutées les pressions des bienfaiteurs et commanditaires de recherche de Princeton qui savent, comme les administrateurs universitaires états-uniens, concilier la puissance de Dieu et la puissance de Mammon.
Et même les confondent allègrement.


* Pour les non-latinistes: Sous la puissance de Dieu elle s'épanouit. Une université sous la puissance de Dieu, il faut le faire. Selon vous comment considérera-t-elle les athées et les agnostiques?

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